La transparence oui, mais à quel Prix ?

par Administrateur 30.08 2019
Lors d’un déplacement en voiture, j'entends par hasard à la radio suisse romande une interview de M. Thomas Angeli, co-fondateur de LobbyWatch, une association fondée en 2014.
 
Cette association et ses membres ont pour objectif de rendre plus transparent l’intégralité des liens et intérêts de nos parlementaires. Soit !
La transparence n’est certes pas négative, pour autant que l'association laisse le soin au citoyen, respectivement l'électrice ou l'électeur de tirer ses propres conclusions ou interprétations des relations entre parlementaires et groupes d'intérêts.
 
Cela ne suffit pas à LobbyWatch. Ils dénoncent les soi-disant lobbies des agriculteurs, des assureurs, des écologistes etc. Qu'est-ce que cela veut dire ?  
 
Que les agriculteurs et agricultrices membres de l’assemblée fédérale ne devraient pas défendre l’agriculture suisse ?
 
Selon LobbyWatch il y a surtout la problématique des parlementaires qui siègent dans des organes exécutifs de sociétés, tels que les assurances ou les banques. 
 
Est-ce que LobbyWatch prend l’intégralité des électrices et électeurs de notre pays pour des incultes, sans faculté de discernement ? 
Ne connaissons-nous pas les professions des candidat-e-s lors des élections ? Ne savons-nous pas qu’un agriculteur élu défendra l’agriculture de notre pays ?
 
LobbyWatch accuse nos élus de ne pas être suffisamment indépendants et propose que chaque parlementaire ait à sa disposition 4 à 5 assistant-e-s, comme cela se pratique au Bundestag en Allemagne. Je me permets de rappeler que pour l'Allemagne, il ne s'agit pas d’un parlement de milice mais d'un parlement professionnel pour un pays avec une population dix fois plus élevée que la Suisse.
 
Cette solution ne changera absolument rien, mise à part des coûts exorbitants, car l’agriculteur ou l'agricultrice défendra toujours, avec ou sans assistant-e-s, l’agriculture et c’est très bien ainsi !
 
Il est très intéressant de constater que les critiques émises sont uniquement liées aux intérêts professionnels, tel que l'emploi, le mandat d’administrateurs etc.
 
Je me permets de rappeler qu’il y a notamment un Registre Foncier qui est public où il est très facile de vérifier, avant de cocher le nom d’un candidat sur le bulletin de vote, dans quelles sociétés ou associations il siège.
 
Quelle hérésie de reprocher à un administrateur d’une société d’assurance de défendre au parlement sa corporation ! 
Il est évident qu’aucun des membres du parlement n'est indépendant dans un système de milice, puisqu’il doit subvenir à ses besoins pendant et après son mandat d’élu-e.
 
Alors quid des avocat-e-s ? Le secret professionnel interdit aux avocat-e-s de divulguer les noms de leurs client-e-s et cela à juste titre. La transparence devrait pousser ces derniers à révéler le nom de leur client-e-s ?
 
Mais LobbyWatch va encore plus loin dans son raisonnement par l’absurde et demande une transparence des contacts entre l’administration fédérale et les entreprises et parle de « Black – Box ».Tous les jours des centaines d’entreprises sont en contact avec les collaboratrices et collaborateurs de l’administration. Est-ce que M. Angeli sous-entend que toutes ces personnes sont potentiellement malhonnêtes ?
 
Je suggère à M. Angeli de voyager un peu, si ce n’est que dans nos pays voisins et il sera certainement très heureux de nos parlementaires et fonctionnaires. 
 
Il ne met pas seulement en doute la capacité des électeurs et électrices de notre pays de pouvoir choisir avec conviction et selon leurs sensibilités les élu-e-s, mais également l'honnêteté et le bon sens des représentant-e-s du peuple. 
 
De plus, il attaque l’intégrité de nos fonctionnaires alors que celles et ceux-ci font chaque jour un travail considérable !
Je le mets au défi de comparer les parlements professionnels d'autres pays avec notre système de milice.
Il est intéressant de constater que LobbyWatch cherche des adhérent-e-s ; membres payants..., mais selon leur site internet, également des donateurs et donatrices. 
 
Alors, à partir de quel montant un donateur ou une donatrice de LobbyWatch pourra influencer cette association ? 
Est-ce que la liste des membres payants et des donateurs et donatrices est publique ?
 
Monsieur Angeli, sachez que nous vivons dans un pays magnifique avec un parlement efficace et des fonctionnaires de grande qualité et qu’il est regrettable que vous les utilisiez en tant que fonds de commerce de votre association. 
 
Jürg Stäubli