De nos jours il ne fait pas bon être employé de banque...

par Jürg Stäubli 11.06 2012
En lisant la presse, j’ai appris que certaines banques ont transmis les noms, coordonnées et documents issus du travail quotidien d’un certain nombre de leurs collaboratrices et collaborateurs, aux autorités des Etats-Unis.
J’ai eu froid dans le dos.
 
Prenons l’exemple de HSBC Suisse SA, filiale spécialisée dans le Private Banking de la plus grande banque au monde.
La banque, c’est-à-dire les dirigeants actuels, ont dénoncé env. 1100 de leur employés auprès d’une autorité d’un autre pays.
La base sur laquelle ces dénonciations ont été effectuées, est pour le moins floue.
Un éventuel contact, de près ou de loin, avec des ressortissants américains a apparemment suffi.
Tout cela sans preuve, sans enquête et sans que les personnes concernées aient été entendues, pourtant droit fondamental dans un état de droit.
Il s’agit de personnes qui n’ont, pour une partie d’entre eux, même jamais mis les pieds aux Etats-Unis et par conséquent avec certitude, commis aucune infraction sur sol américain.
 
Pire, ils n’ont commis aucun crime sur sol helvétique, donc ne font pas l’objet de poursuites judiciaires dans notre pays.
Autrement dit, un résident Suisse, travaillant à Zurich ou à Genève, qui respecte la législation Suisse, et qui n’a jamais séjourné aux Etats Unis pour des raisons professionnelles, se voit dénoncé par son employeur, société domiciliée et soumis au droit Suisse, auprès d’un état tiers.
Il y a donc une espèce de responsabilité collective, pour des raisons corporatives.
 
En Allemagne dans les années 40, cela s’appelait : « Die Sippenhaft »
Les dirigeants des diverses banques qui ont ordonné ces dénonciations doivent être mis devant leurs responsabilités.
Ce sont eux qui ont demandé pendant des décennies à leurs employés de l’engagement, de la loyauté et de la fidélité.
Ils les ont mis sous pression avec des budgets à atteindre et en demandant une croissance, même parfois inconsidérée, du volume de la masse sous gestion.
 
Toutes ces valeurs, engagement, loyauté, fidélité qui notamment devraient être nos vertus et transmises aux générations futures, ont été bafouées, piétinées, et jetées en pâture.
 
Tous ces procédés avec la bienveillance voire l’absolution de nos responsables, ou devrions-nous dire irresponsables, politiques ?
Comment peut-on faire confiance à des personnes qui jettent par-dessus bord les membres de leur propre « famille » dès la première tempête ?
 
J’ai appris dans ma vie et je l’ai appliqué quelques fois dans la douleur, que le patron doit assumer ses responsabilités, il profite et accepte volontiers les éloges quand tout va bien et il est de son devoir d’assumer lorsque des erreurs ont été commises.
Il nous manque dans cette période difficile des vrais patrons tels que les « Holzach », « De Weck », « Gut », « Arnold », « Hayek » etc.
Il serait peut-être bon de se souvenir d’eux de temps à autre !